Kobudo


Le Kobudo D'okinawa

Dans les îles méridionales de l'archipel du Japon et notamment à Okinawa, plusieurs édits qui ont émané soit de la tutelle japonaise des Satsuma, soit directement du gouvernement de Shuri, ont interdit la possession et l'usage des armes tranchantes à la population. Ces édits à valeur commerciale, puisqu'ils ramenaient le royaume de Ryūkyū dans le giron isolationniste du Japon impérial, ont souvent été interprétés à tort comme un moyen d'éviter les rébellions.
Ce sont ces interdictions qui ont favorisé le développement poussé des techniques de combat à mains nues, le To-de devenu plus tard karaté, ainsi que l'utilisation, en tant qu'armes, des ustensiles de la vie quotidienne, les kobudo. De plus, le caractère subversif de la pratique l'a longtemps confiné au secret, ce qui, ajouté à la géographie parcellaire des îles et à la lenteur des voies de communication, explique qu'il n'existe pas un kobudo mais des kobudo, donc plusieurs façons de faire par arme, par île, par village, par expert.
Le kobudo a été développé et enrichi dans les classes sociales des fonctionnaires et officiels du gouvernement de Shuri (les shizoku), dont la provenance (Kumemura), l’éducation (les classiques chinois pour le concours de mandarin), et les séjours en Chine à l’École des mandarins, expliquent l'attrait pour la culture chinoise en général.
Cette fois-ci, la pratique n'est plus asservie à l'appartenance à une classe, mais au jeu complexe des relations humaines.


Les armes du kobudo d'Okinawa




​Les armes les plus courantes du kobudo d'Okinawa sont :

  • Le bo, un long bâton de marche qui sert d'arme de base.
  • Le sai, un trident de métal utilisé par paire.
  • Le tonfa, une arme de bois qui s'utilise par paire et qui servait, à l'origine, à tourner les meules pour moudre les céréales.
  • Le nunchaku, un fléau qui permettait de battre le grain. (Une variante en forme de mors de cheval dispose de techniques spécifiques).
  • L'eku, une rame utilisée par les pêcheurs, et dont la tradition se maintient dans les hāri, les festivités maritimes de courses de bateaux, héritées de la Chine du Sud via Taiwan.


Les armes secondaires parce que moins courantes, généralement pratiquées par les élèves les plus avancés, comprennent par exemple :

  • Le kama, une faucille utilisée par paire qui sert à couper les tiges des céréales, comme le riz. (Il en existe une variante où l'arme, retenue au poignet par une dragonne, est lâchée et récupérée en rotation, par paire toujours).
  • Le sansetsukon, un fléau comme le nunchaku mais qui possède trois sections.
  • Le suruchin, une longue corde lestée à chaque extrémité.
  • Le kue, une houe paysanne utilisée pour travailler la terre.
  • Le nunti, le harpon ou la gaffe du pêcheur.
  • Le seiryuto et le timbe : il s'agit d'une machette et d'un bouclier souvent en carapace de tortue.
  • Le rochin, un épieu qui s'utilise, comme le seiryuto, avec le timbe.

(sources Wikipédia)