Histoire du Kobudo

Le Kobudo d'Okinawa

Le Kobudo, terme venant des trois caractères chinois ayant gardé le même sens en japonais, 古 "ko" qui signifie ancien, 武 "bu" martial, et 道 "do" la voie. L'acceptation moderne du terme recouvre toutes les pratiques d'armes associées aux arts martiaux japonais.

Dans les îles méridionales de l'archipel du Japon et notamment à Okinawa, plusieurs édits du gouvernement de Shuri, ont interdit la possession et l'usage des armes tranchantes à la population. Le roi Sho-Shin (1477-1526) interdit par décret toutes possessions d’armes qui seront confisquées et stockées dans les dépots royaux solidement gardés.

Ce sont ces interdictions qui ont favorisé le développement poussé des techniques de combat à mains nues, le To-de devenu plus tard karaté, ainsi que l'utilisation, en tant qu'armes, des ustensiles de la vie quotidienne, les kobudo.

De plus, le caractère subversif de la pratique l'a longtemps confiné au secret, ce qui, ajouté à la géographie parcellaire des îles et à la lenteur des voies de communication, explique qu'il n'existe pas un Kobudo mais des Kobudo, donc plusieurs façons de faire par arme, par île, par village, par expert.

Maître Shinko Matayoshi

Maître Shinko MATAYOSHI (père de Shinpo), troisième fils de Shinchin (lui-même expert en Kobudo) naquit en 1888 à Nahashi dans le quartier de Kakinohana-cho ; il fut élevé à Chitan-son dans le quartier de Senburu.

Dès son plus jeune âge, il étudia le BO d'Okinawa, l'EKU, le KAMA et le SAI sous la direction des maîtres AGENA CHOKUHO, SHISHI RYOKO, CHINEN YAMANE (Sakugawa) et de son père MATAYOSHI SHINCHIN.

Ensuite à Chatan-son dans le quartier de Nozato, le maître IREI OGI lui enseigna le TONKUWA (TONFA) et le NUNCHAKU.

Au début du siècle, afin d'approfondir ses connaissances en arts martiaux, Shinko effectua un grand voyage qui le fit passer par Hokkaido, Sakkaline, la Mandchourie, Shanghaï, Fukushu et Annan.

En Mandchourie, il suivit le difficile apprentissage du style de karaté SHORINJI.

Toujours en Mandchourie, en compagnie d'un cavalier vivant de brigandage, il apprit l'équitation, le maniement du couteau à lancer et du lasso.

A Shanghaï, le vieux Maître Chinois KINGAI l'initia à l'art du TIMBE, du SURUCHIN et du NUNTI ainsi qu'aux techniques de combat du style de la grue blanche, aux thérapeutiques chinoises et à l'acupuncture.

En 1929, il regagna temporairement le Japon à l'occasion d'une grande cérémonie au temple Shintô organisée en l'honneur de l'Empereur MEIJI, cérémonie au cours de laquelle, Gichin FUNAKOSHI présenta le Karaté et Shinko MATAYOSHI présenta le Kobudo.

En 1921, lors de la visite du Prince SHOWA (futur empereur) à Okinawa, Chojun MIYAGI du style GOJU-RYU et Shinko MATAYOSHI avaient déjà effectué respectivement une démonstration de Karaté et de Kobudo.

En 1935 il rentra définitivement à Okinawa. Il emménagea alors à Naha pour continuer à travailler et pour développer ses activités en relation avec ses homologues en arts martiaux.

Il mourut en 1947 à l'âge de 59 ans.

Le Kobudo Matayoshi

Shinpo Matayoshi, né en et mort en , est un pratiquant de karaté japonais, surnommé « le maître des armes ».

Né à Okinawa il découvre très jeune les Kobudo, sous la direction de son père Shinko Matayoshi. Son père lui enseigne non seulement les techniques okinawaienne, mais aussi les techniques chinoises qu'il avait lui-même apprises lors de ses nombreux voyages à travers la Chine pour étudier les Arts martiaux chinois, et en particulier le maniement des armes.

Shinpo Matayoshi étudia aussi le Karaté "Kingaï-ryu", style créé par son père, ainsi que. le Goju-ryu. Après la guerre, il perpétua la tradition familiale en enseignant les Kobudo d'Okinawa dans la ville de Kawasaki dans le département de Kanagawa au Japon.

Rentré à Okinawa en 1960, il poursuivit son enseignement dans le dojo de son vieux Maître Seiko Higa (du style Goju-ryu). Il fit de nombreux déplacements au Japon hors d'Okinawa pour dispenser son enseignement. Il était pleinement conscient qu'il manquait de véritables enseignants de Kobudo dans le développement des arts martiaux. Ce qui nuiraient à son développement, malgré le succès international du Karaté.

En 1969, il fonda donc le dojo "Kodokan" du nom de son père (Shin Ko, ko signifiant : lumière) afin d'initier ses disciples authentiques aux secrets du Kobudo d'Okinawa. En 1970, Shinpo Matayoshi fonda l'Association de Kobudo des îles Ryūkyū, qui par un enseignement traditionnel fondé sur l'exercice du corps et de l'esprit permet de cultiver chez les jeunes, de véritables valeurs morales sur lesquelles peut se baser la société. Deux ans après, ayant reçu l'approbation gouvernementale, l'association fut renommée « Fédération du Kobudo d'Okinawa » (All Okinawa Kobudo Renmei).

En 1973, il entreprit un voyage en Europe, puis aux États-Unis afin de favoriser l'expansion du Kobudo dans le monde. Depuis lors, Shinpo Matayoshi organisa de nombreuses manifestations dont en 1976, la première grande réunion des Arts Martiaux. Il effectua également de nombreux déplacements dans diverses régions. En 1976, pour représenter sa fédération et transmettre ses enseignements en Europe, il nomme officiellement Kenyu Chinen, dont il disait qu'il est son meilleur élève, et qui venait de s'installer en France.

Il fit aussi des démonstrations de Kobudo lors de la Cérémonie de restitution d'Okinawa au Japon à Kagoshima. En outre, parmi ses nombreuses activités, on peut noter sa participation à de très nombreuses fêtes et cérémonies. En 1983, il envoya une délégation de Karaté et de Kobudo en tournée en Argentine, au Brésil, au Venezuela et aux États-Unis et en 1984 à Hawaii, à l'occasion du 85e anniversaire de l'immigration japonaise. Ces voyages avaient pour but de présenter le Karaté et le Kobudo, de développer les échanges internationaux dans le domaine des Arts martiaux et d'instaurer des relations amicales. Ces démarches remportèrent un vif succès.

10e dan de Kobudo et 10e dan de karaté, il reçut au Japon le titre rarissime de « trésor impérial vivant ».

Shinpo Matayoshi meurt en à l'âge de 75 ans.

(Source: Wikipédia)